| Des médecins de CHU tirent la sonnette d'alarme
sur les ELF
"Une Pseudo-carence en fer chez des riverains de lignes hautes tensions : un dilemme pour les cliniciens" Drs Eric Hachulla, Marie-Thérèse Caulier-Leleu, Odile Fontaine, Lofti Mehianoui, Pr Paul Pelerin Hôpital St Vincent, CHU de Lille European Journal of Internal Medecine, Volume (publication) : 11 (6) 2000 (pages 351 & 352) L'observation entre les années 1993-1994 d'un manque de fer inexpliqué chez un certain nombre de personnes d'un même petit village français au nord de la France (Coutiches, 50 31 ' nord de latitude et 3 15 ' longitude est, altitude 24-31m : banlieue dortoirs d'une grande zone urbaine voisine) [1] nous a incités à évaluer le profil en fer et le métabolisme du fer chez les sujets de ce village vivant à proximité d'une ligne haute tension (2 fois 400.000 Volts) émettant un champs électromagnétique de 50-60 Hz. Un Mag check 50 + et une matrice MX 52 multimètres ont été employés pour mesurer le champ électromagnétique (CEM) au niveau 50 Hz. À 1,50 m au-dessus du sol sous les lignes hautes tensions, le niveau du CEM était de 4.8 microteslas (48 milliGauss) et de 0.2 microT (2 mG) à 100 mètres de ces lignes. Un nombre total d'hommes 15/31 (48.4 %) (P < 0.05 comparé au groupe contrôle) et de femmes 13/34 (38.2 %) avait un niveau bas de fer mais personne ne souffrait d'anémie. Tandis qu'aucun des sujets masculins n'avait un niveau de ferritine bas, 7/34 des femmes (20.6 %) avait un niveau bas de ferritine. Parmi les femmes 13/34 qui avait un niveau bas de fer, seulement trois avaient un niveau de ferritine bas (15/31 des hommes (48.4 %) et des femmes 10/34 (29.4 %) avaient un niveau bas de fer, mais aucune anémie et le niveau de ferritine normal; P < 0.05 respectivement comparé au groupe contrôle). Ces résultats étaient beaucoup plus haut que ceux normalement observés dans la population générale, c'est-à-dire que la fréquence de manque de fer sanguin est d'habitude de moins de 25 % chez les femmes et de moins de 5 % chez les hommes [2-4]. Quatre habitants masculins avec des niveaux typiques bas de fer et des niveaux de ferritine normaux ont fait un myélogramme. La distribution de cellule était normale et le pourcentage d'erythroblastes sans granules de fer était respectivement de 56, 68, 73 et 87 %. Dans deux cas, le fer était absent dans les macrophages. Trois des hommes décrits ci-dessus avaient des explorations isotopiques (plus de détails sur la méthode dans la ref [5]). Nous avons trouvé une taux de globules rouges incorporant 59 Fe dans tous les cas (85, 85 et 95 % respectivement : 65-75 % normaux) avec un plasma injecté rapide 59 Fe épuration dans un cas (T=65 min normal:110-120 minute). La demi-vie des globules rouges était normale dans les trois cas (25, 26.5 et 28 jours, respectivement). Le dégagement de fer du plasma était normal dans tous les cas (65, 80 et 115 minute, respectivement; normal : 60-140 minute). Dans trois cas (le compte de surface), un rapide 59 Fe l'incorporation de moelle osseuse avec une régression rapide de radioactivité a été observée. Dans un cas, aucune radioactivité de foie n'a été trouvée; dans deux autres cas, seulement une quantité infime de radioactivité a été observée dans le foie. 59Fe les études d'assimilation étaient semblables à ceux de manque 'classique' de fer, mais avec des niveaux de ferritine normaux, qui sont normalement le premier marqueur biologique à diminuer. La diminution de niveaux de fer pourrait être due à l'intensité des CEM, mais aussi à la dose cumulative et au nombre d'heures d'exposition par jour. Nous avons aussi observé une sensibilité individuelle, comme un niveau bas de fer n'a pas été observé dans tous les membres de la même famille et dans les mêmes individus le niveau de fer divers pendant ce temps. Ce n'est pas unique à la population de Coutiches. Depuis le début de cette étude nous avons vu d'autres sujets qui vivent dans la proximité aux lignes de tension haut (par exemple dans Bolezeele, un autre village français du nord) avec parfois le même profil de fer dans la population près des CEM. Nous spéculons que les CEM peuvent modifier le métabolisme de fer chez les populations soumises à 0.2 microT (2 mG) ou plus avec une haute incorporation dans la moelle osseuse du fer (qui expliquerait le niveau bas de fer) et une utilisation rapide pour le métabolisme d'hémoglobine, parfois avec la non-incorporation de 59Fe dans le foie. Il n'y a actuellement aucune donnée sur la modification du métabolisme de fer chez des patients vivant près des CEM. Ces résultats suspicieux plaident pour une plus grande étude qui confirmerait nos observations. Remerciements Nous remercions J.M. Provincial et le Comité des Riverains SOS Environnement de Coutiches pour leur assistance technique. Nous remercions le docteur J.J. Huart de nous avoir fournit le groupe témoin, le docteur Th. Perez pour ses conseils en statistique, le docteur J. Kerr-Conte du Laboratoire de Culture Cellulaire de la Faculté de Médecine de Lille et M. R. Medeiros, professeur anglais à l'université médicale de Rouen pour sa traduction anglaise et ses corrections et M. Tomezak d'avoir tapé le manuscrit. --------------------------------------------------------------------------------
Article en anglais "Pseudo-iron deficiency in a French population living near high-voltage transmission lines: a dilemma for clinicians" by Eric Hachulla, Marie-Therese Caulier-Leleu, Odile Fontaine, Lofti Mehianoui, Paul Pelerin European Journal of Internal Medicine, Volume (issue): 11 (6) 2000 (pp 351 -- 352) The observation during the years 1993-1994 of an unexplained iron deficiency in a number of patients from the same small, northern French village (Coutiches, 50 31' latitude north and 3 15' lontitude east, altitude 24-31m: a dormatory suburb of a large nearby conurbation) [1] prompted us to evaluate the iron profile and iron metabolism in subjects from this village who live in proximity to high-voltage (2x400kV) 50-60 Hz transmission lines. A Mag check 50+ and a matrix MX 52 multimeter were used to measure electromagnetic field (EMF) levels at 50 Hz. At 1.50 m overhead, EMF levels varied from 4.8 uT (48 mG) under the lines to 0.2 uT (2 mG) at 100m from the lines. A total of 15/31 men (48.4%) (P<0.05 compared with controles), and 13/34 women (38.2%) had a low iron level but none had anemia. While none of the male subjects had a low ferritin level, 7/34 women (20.6%) did. Among the 13/34 women with a low iron level, only three had a low ferritin level (15/31 men (48.4%) and 10/34 women (29.4%) had a low iron level, but no anemia and normal ferritin level; P<0.05 compared with control, respectively). These results were much higher than those normally observed in the general population, i.e. the prevalence of iron deficiency is usually less than 25% in women and less than 5% in men [2-4]. Four male inhabitants with typical low iron levels and normal ferritin levels had a myelogram. Cell distribution was normal and the percentage of erythroblasts without iron granules was 56, 68, 73 and 87%, respectively. In two cases, iron in macrophage was absent. Three of the males described above had isotopic explorations (more details of the method in Ref.[5] ). We found a high red cell 59Fe incorporation in all cases (85, 85, and 95% respectively: normal 65-75%) with a fast injected plasma 59 Fe epuration in one case (T=65 min. normal:110-120 min). The red cell half-life was normal in all three cases (25, 26.5, and 28 days, respectively). Plasma iron clearance was normal in all cases ( 65, 80, and 115 min, respectively; normal: 60-140 min). In three cases (surface counting), a fast 59Fe bone marrow incorporation with a fast regression of radioactivity was observed. In one case, no liver radioactivity was found; in the two other cases, only a minute amount of radioactivity was observed in the liver. 59Fe uptake studies were similar to those of 'classic' iron deficiency but with normal ferritin levels, which is normally the first biological marker to decrease. The diminution of iron levels may have been due to the intensity of the EMFs but also to the cumulative dose and to the number of hours of exposure per day. We also observed individual susceptibility, as a low iron level was not observed in all of the members of the same family, and in the same individuals the iron level varied during this time. This is not unique to the Coutiches population. Since the beginning of this study we have seen other subjects who live in proximity to high-voltage lines (e.g. in Bolezeele, another northern French village) with sometimes the same iron profile in the population near the EMFs. We speculate that EMFs may modify iron metabolism in populations subjected to 0.2 uT (2 mG) or more with a high bome marrow incorporation of the iron (that would explain the low iron level) and a rapid utilization for the metabolism of hemoglobin, sometimes with non-incorporation of 59Fe in the liver. There is currently no data about modification of iron metabolism in patients living near EMFs. These spurious results plead for a larger study to confirm our observations.
Informations complémentaires de M. JP Lentin, journaliste scientifique et auteur du fameux livre "ces ondes qui tuent, ces ondes qui soignent" chez Albin Michel (voir page 68) :
- En 1989, installation de lignes hautes tensions surplombant le village. - En 1991, alertés par les habitants et suites à des mesures de champs effectuées par des scientifiques indépendants, un protocole d'accord est conclu entre la municipalité et EDF qui crée deux commissions, l'une pour la mesure des niveaux de champs, l'autre pour le suivi médical des riverains, sous la direction du Pr Pellerin du CHU de Lille. - En 1994 lors d'un colloque à l'assemblée nationale, le Pr Pellerin dévoile son rapport sur les symptômes constatés des riverains face au champs électromagnétique 50 Hz des lignes HT : nervosité, vertiges, nausée, hypotension, troubles visuels et insomnies qui touchent particulièrement les enfants. - En 1999, Le Pr Eric Hachulla du CHU de Lille découvre que 30% des habitants ont étrangement une carence en fer à moins de 200 mètres de ces lignes HT par rapport aux habitants à plus de 200 m des lignes. - En 2000, publication de l'étude du Pr Hachulla. Les résultats montrent un profil sanguin singulier, inconnu de la médecine, une "Pseudo-carence en fer". On parle de Pseudo-carence en fer car l'organisme ne manque pas réellement de fer, mais le sang en exhibe tous les signes habituels. Bref, le métabolisme du fer a été bizarrement modifié et emprunte des voies détournées, chaotiques, sans qu'on puisse dire si le phénomène est dangereux pour la santé à long terme. En tous cas, c'est la première fois qu'on tient un effet biologique bien caractérisé sur toute une population vivant sous les lignes HT. Et ce n'est pas une bizarrerie isolée. Les auteurs signalent qu'ils ont déjà retrouvé le même profil sanguin chez les habitants d'un autre village du nord de la France par des lignes, Bolezeele. |